Comprendre les motivations de nos étudiants en médecine dentaire au niveau supérieur
Zach Stein, BSc, DMD; Dieter Schönwetter, BTh, BA, MA, PhD; Robert Schroth, DMD, MSc, PhD; William Wiltshire, BChD(Hon), MDent, MChD, DSc, FRCD(C)
Affiché le 2011-02-24
Citez comme suit : J Can Dent Assoc 2011;77:b5_fLes enseignants en médecine dentaire doivent s'efforcer davantage de déterminer les aspirations des nouveaux étudiants en médecine dentaire au niveau supérieur. Bien que ceux-ci se préoccupent davantage de leurs projets d'avenir au cours de leurs 3e et 4e années d'études, il serait bon de favoriser la définition de ces objectifs plus tôt. Certains étudiants entreprennent leurs études en prévoyant se spécialiser dans un domaine précis après l'obtention de leur diplôme en médecine dentaire. Par exemple, si un étudiant a pour but ultime de devenir un chirurgien dentiste, il ne semble pas avisé d'attendre jusqu'à sa dernière année d'études pour lui offrir une expérience clinique réelle. À notre avis, les étudiants qui aspirent à des études supérieures devraient vivre cette expérience plus tôt dans leurs études.
Nous avons effectué une étude afin de déterminer le nombre de nouveaux étudiants qui, avant même d'entreprendre leurs études en médecine dentaire, désirent se spécialiser. Des questionnaires ont été remplis par 88 étudiants de l'Université du Manitoba inscrits au DMD. Sur ce nombre, 18 (20,5 %) ont déclaré qu'ils avaient l'intention de poursuivre des études supérieures en mentionnant les seules spécialités suivantes : la chirurgie buccale (5 étudiants) et l'orthodontie (13 étudiants).
Le choix de ces 2 spécialités est notable. L'orthodontie et la chirurgie buccale sont souvent associées à des revenus élevés par opposition aux autres spécialités dentaires.1 Ces spécialités peuvent également être réputées pour offrir un mode de vie «prestigieux» ainsi qu'un statut privilégié dans la collectivité et parmi les collègues. De tels facteurs de motivation extrinsèques (gains financiers et prestige) peuvent séduire les étudiants qui peuvent percevoir la dentisterie générale comme un obstacle nécessaire dans la poursuite de leur but.
Il est important de distinguer entre les considérations d'ordre extrinsèque et les facteurs de motivation intrinsèques qui font en sorte que les étudiants se complaisent vraiment dans leurs activités universitaires en dentisterie.2,3 Un contact antérieur avec une spécialité dentaire particulière peut avoir entraîné certains étudiants vers leurs programmes d'études supérieures souhaités. Suivant une explication possible, l'âge courant pour les appareils d'orthodontie (moins de 18 ans)4 et pour l'extraction de la 3e molaire (de 18 à 25 ans)5 correspond au moment où les étudiants se préparent à entrer au collège ou à l'université et à entreprendre leurs études du 1er cycle. Bien qu'une seule expérience clinique puisse constituer un facteur de motivation, il est peu probable qu'elle suffise à déterminer le choix d'une carrière. Une longue et vague période d'expérience peut être nécessaire pour bien préciser les motivations de ces étudiants quand ils choisissent une spécialité.
Nos recherches ont révélé que la majorité des étudiants qui, avant d'entreprendre leurs études en médecine dentaire, expriment le désir de se spécialiser changent leurs projets de carrière au cours de leur 1re année d'études. En fait, presque les trois quarts (72,7 %) renoncent tout à fait à se spécialiser, et la raison qu'évoquent la plupart pour se justifier, c'est que faire 2 ou 3 années d'études de plus est «trop exigeant physiquement». D'autres étudiants sont d'avis que leurs notes sont trop basses pour pouvoir être admis à un programme d'études supérieures.
Il nous a paru déconcertant d'apprendre que plusieurs étudiants renoncent à se spécialiser à cause de leurs notes. Si la profession doit en encourager plus à se spécialiser, il faut que les étudiants comprennent que les notes constituent simplement un facteur dans les critères de sélection des candidats aux études supérieures. Les expériences en clinique, en recherche et en bénévolat, ainsi qu'une grande participation aux activités communautaires, sont toutes des points très valables qui sont pris en compte. Pour être choisi candidat à un programme d'études spécialisées, un étudiant doit posséder la volonté de s'imposer comme une personnalité forte et bien équilibrée. Ainsi, les candidats aux études supérieures doivent continuer à suivre des cours afin de parfaire leurs connaissances après leurs études dentaires des 1er et 2e cycles.
Les organismes dentaires doivent prendre à l'égard de ces problèmes des mesures qui s'appliqueront tant durant les études qu'avant l'admission. Les enseignants en médecine dentaire doivent être en mesure de donner aux étudiants des 1re et 2e années l'occasion d'acquérir des connaissances cliniques sur tous les aspects de la profession. Il pourrait y avoir au cours des années d'études précliniques une rotation permettant aux étudiants d'être exposés à l'environnement clinique. Par ailleurs, il conviendrait de réévaluer l'entrevue à l'intention des sous-diplômés. La majorité des facultés de médecine dentaire du Canada ont recours à un format d'entrevue comprenant des questions d'ordre personnel et circonstanciel. Bien que cette formule ait des avantages, elle ne comprend aucune question qui demande spécifiquement aux candidats pourquoi ils ont choisi la dentisterie comme profession. Ainsi, les comités chargés des entrevues ne savent guère pourquoi les étudiants sont motivés à faire carrière en dentisterie, s'ils y ont des antécédents ou une lointaine expérience ou s'ils ont le moindre intérêt à pousser leurs études au niveau supérieur. Quand les étudiants manifestent un intérêt pour une spécialité particulière, il serait avantageux de comprendre leur motivation à choisir cette discipline. Il est important pour les étudiants de faire montre d'une passion sincère pour la dentisterie, qu'un cours spécialisé soit inscrit ou non dans leur avenir. Voilà qui permettrait de distinguer les étudiants uniquement motivés par des considérations d'ordre extrinsèque de ceux qui aimeraient effectivement exercer la dentisterie générale sans que leur carrière les mène éventuellement à une spécialité.
Au Canada, il y a des facultés de médecine dentaire qui mettent en œuvre des programmes de mentorat donnant aux étudiants l'occasion d'observer des cliniciens et d'interagir avec eux. À notre avis, il est important que toutes les facultés de médecine dentaire offrent de tels projets de mentorat et ce, de préférence dès la 1re année. De cette façon, les étudiants sont initiés à différents domaines de la profession tôt dans leurs études. Nous recommandons également que des dentistes généralistes et spécialistes participent véritablement à ces programmes de mentorat. Les cliniciens sont alors en mesure de rendre à la profession ce qu'elle leur a donné en guidant la prochaine génération vers l'avenir. Enfin, il serait bon que les étudiants des cours prédentaires soient tenus de passer du temps avec un clinicien. Les étudiants qui démontrent un intérêt pour poursuivre des études dentaires supérieures doivent être encouragés et développés dès le début et durant toutes leurs études dentaires.
LES AUTEURS
Références
- Cordes DW, Doherty N, Lopez R. Assessing the economic return of specializing in orthodontics or oral and maxillofacial surgery. JADA. 2001;132(12):1679-84.
- Biggs JB, Das JP. Extreme response set, internality-externality and performance. Br J Soc Clin Psychol. 1973;12(2):199-210.
- Sherlock BJ, Cohen A. The strategy of occupational choice: recruitment to dentistry. Social Forces. 1966;44:303-314.
- Kiyak HA, Haluk I, Miotti FA. Orthodontists' perspectives regarding treatment timing: a cross-national study. World J Orthod. 2004;5(1):40-47.
- Huang GJ, Rue TC. Third molar extraction as a risk factor for temporomandibular disorder. J Am Dent Assoc. 2006;137(11):1547-54.

Congrats on your recent article in the JCDA which I enjoyed reading, however I believe there are some further issues that need discussing. It would have been interesting to also assess if finances were a factor in dental students choosing not to continue pursuing a specialty. Further, it was only a 7% difference in students changing their minds from before dental school to after first year dentistry (could any stats be done here?). I don’t believe that asking dental students after only 1st year dental school is a good representation of their true interest in pursuing a specialty. Few dental students after first year have an understanding of each of the areas of dentistry. Indeed, fourth year students still don’t! To truly understand a speciality and want to pursue further training, don’t you have to be practicing general dentistry for some time? Some post-graduate speciality programs select students immediately following dental school. Do these students truly know what they’re getting into with the limited exposure they’ve had to that speciality in dental school? I find it troubling that students have specialty aspirations prior to dental school. They don’t understand dentistry, how can they understand a specialty? I disagree with you, dental school should nurture students in all areas of dentistry to become excellent dentists, they shouldn’t be responsible for identifying students interested in a particular specialty early on and guide them to that specialty with early clinical exposure as you assert. The problem I believe we have is not motivations for dental students to select a particular specialty. What’s important is to identify motivations (or lack of) for students to pursue research, teaching, practicing in rural and under-serviced areas and treating patients with low incomes and disabilities. We have a problem in finding dentists to graduate and pursue practice in these needed areas. We certainly don’t have a lack of dental students applying for specialty programs (just ask the program chair of any specialty department of any dental school in Canada) and I wish your study focussed more on these areas.
Sincerely,
James Noble
I agree very much with James. From my perspective after a career in public health dentistry (in Australia)the skills that all health professionals should have (or need to develop) in abundance are empathy and compassion in order to deliver patient-centred care and advocacy for a more just and caring society. Surprisingly perhaps, achievement of such an approach minimises the sense of victimhood for both professional and patient. The professional’s sense of being ineffectual (failure to realise perfection in their work and in their patients’ mouths and related behaviours) and of their work and care being undervalued is minimised and so is the patient’s sense of guilt and powerlessness. It’s a win-win for both professional and patient. Emotional sensitivity and maturity must become the primary goal of all health education. Otherwise we will eventually realise that we are failing our society and possibly surrender to a sense that humanity has gone about as far as it can go and that inadequacy reigns?