Les obturations à l’amalgame affectent-elles le taux de mercure dans l’urine? Une étude canadienne

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Selon une étude parue dans la revue BMC Oral Health1, la population canadienne ne s’expose pas à des niveaux dangereux de mercure à cause de restaurations à l’amalgame.

L’équipe de recherche s’est servi de données de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé de 2007-2009 pour étudier le lien entre la concentration de mercure dans l’urine de la population canadienne générale et le nombre d’obturations à l’amalgame. Les chercheurs ont aussi examiné le taux de mercure chez les hommes par rapport aux femmes et chez divers groupes d’âge.

Les résultats montrent que le taux moyen de concentration de mercure est nettement inférieur au taux associé à des risques de santé, peu importe le nombre d’obturations à l’amalgame. Dans l’ensemble, quelque 98 % des participants avaient un taux de mercure inférieur au niveau jugé nuisible pour la santé. En général, la concentration moyenne de mercure tendait à s’accroître avec le nombre d’obturations, semblait influencer par l’âge et était légèrement supérieur chez les femmes par rapport aux hommes.

L’un des auteurs de l’étude, le Dr Carlos Quiñonez, professeur adjoint et directeur du programme de santé publique dentaire à la faculté de médecine dentaire de l’Université de Toronto, replace les résultats dans leur contexte : « Notre recherche s’inscrit dans la veine d’études menées aux États-Unis et en Europe montrant que les amalgames dentaires ne constituent pas une source dangereuse de mercure élémentaire et inorganique chez les êtres humains. »

« Si les amalgames dentaires suscitent des préoccupations chez des patients, il existe maintenant des données canadiennes actuelles qui pourraient apaiser leurs craintes », souligne le Dr Quiñonez.

Les auteurs de l’étude admettent que le taux de mercure mesuré ne peut être attribué uniquement aux amalgames dentaires puisque d’autres sources peuvent y avoir contribué, tels que le poisson et les fruits de mer contaminés.

La concentration urinaire de mercure s’exprime en µg Hg par gramme de créatinine ou en µg Hg par litre d’urine. Un taux de mercure s’élevant à 5 µg Hg/g Cr ou à 7 µg Hg/L est jugé inoffensif.

Référence

  1. Nicolae A, Ames H, Quiñonez C. Dental amalgam and urinary mercury concentrations: a descriptive study. BMC Oral Health 2013;13:44. Disponible au : www.biomedcentral.com/1472-6831/13/44